Entre TOEIC et TOEFL, le verdict tient au projet : le TOEIC donne un score d'anglais professionnel lu par les entreprises et les écoles françaises, le TOEFL iBT ouvre les universités anglophones. Une formation, un emploi ou un départ à l'étranger fixent le choix, et l'option Speaking change la préparation.
Deux tests d'anglais du même éditeur, pour deux publics
Le TOEIC et le TOEFL sortent tous deux d'ETS (Educational Testing Service), organisme américain à but non lucratif qui conçoit aussi le GRE. En France, la distribution passe par ETS Global, qui agrée les centres d'examen et publie les informations pratiques en ligne. Un même éditeur ne signifie pas un même usage : chaque test mesure l'anglais dans un contexte différent, et un score de l'un ne remplace pas l'autre. Le premier conseil, avant toute inscription, consiste donc à écrire l'objectif visé : étudier dans un bachelor à Montréal, décrocher un stage à Londres ou valider un diplôme en France n'appellent pas le même test.
Le TOEIC (Test of English for International Communication) évalue l'anglais dans un contexte professionnel. Les documents du test parlent de réunions, de courriels, de plannings, de notes de service et d'annonces dans un aéroport. Le candidat y montre qu'il comprend et utilise la langue anglaise au travail, au quotidien d'une entreprise internationale.
Le TOEFL (Test of English as a Foreign Language) évalue l'anglais académique : extraits de cours magistraux, articles scientifiques, discussions entre étudiants sur un campus, échanges avec un professeur. Il s'adresse à l'étudiant qui veut suivre des études dans une université du monde anglophone, aux États-Unis, au Canada ou ailleurs, et doit prouver qu'il suivra des cours en anglais sans décrocher.
La différence entre TOEIC et TOEFL tient donc moins à la difficulté qu'au vocabulaire et aux situations proposées. Un candidat à l'aise en réunion peut buter sur un extrait de cours de biologie, et un étudiant habitué aux textes universitaires peut perdre des points sur un bon de commande ou un contrat de location de salle.
Le TOEIC et le TOEFL comparés critère par critère
Le comparatif ci-dessous reprend les critères qui pèsent vraiment sur la décision : public visé, compétences évaluées, échelle du score, reconnaissance et durée de validité.
| Critère | TOEIC Listening and Reading | TOEFL iBT |
|---|---|---|
| Contexte | Anglais professionnel, vie de bureau | Anglais académique, vie universitaire |
| Compétences | Compréhension orale et écrite (Speaking et Writing dans un test séparé) | Reading, Listening, Speaking et Writing dans la même session |
| Format | 200 questions à choix multiple, environ 2 heures | Sur ordinateur, en centre ou à domicile |
| Échelle du score | De 10 à 990 points | Bandes de 1 à 6 depuis janvier 2026, avec l'équivalent sur 120 pendant la transition |
| Reconnu par | Entreprises, écoles de commerce et d'ingénieurs en France | Universités et établissements anglophones, administrations d'immigration de certains pays |
| Validité usuelle | 2 ans | 2 ans |
Le TOEIC Listening and Reading se compose de deux parties : 100 questions d'écoute en 45 minutes, puis 100 questions de lecture en 75 minutes, chacune notée de 5 à 495. Le TOEFL iBT évalue les quatre compétences en une seule séance, ce qui en fait une mesure plus complète du niveau d'anglais, mais aussi une épreuve plus exigeante à l'oral comme à l'écrit.
Quel test pour étudier à l'étranger ?
Pour étudier à l'étranger dans une université anglophone, le TOEFL iBT reste la référence attendue par la plupart des établissements nord-américains. Les services d'admission publient un score minimal sur leur site, souvent différent selon le programme : une école doctorale ou une faculté de droit demande en général davantage qu'un premier cycle. Le candidat lit cette exigence avant de s'inscrire, programme par programme, car un score trop bas bloque le dossier même avec d'excellents résultats académiques.
Le TOEIC, lui, ne sert presque jamais à une admission universitaire hors de France. Certaines universités européennes partenaires d'un établissement français l'acceptent dans le cadre d'un échange Erasmus, mais la règle se vérifie auprès du bureau des relations internationales, au cas par cas.
L'IELTS, troisième voie pour le Royaume-Uni et l'Australie
L'IELTS, géré par le British Council, IDP et Cambridge, concurrence le TOEFL sur les admissions à l'étranger. Les universités britanniques, australiennes et néo-zélandaises le demandent souvent en priorité, et les procédures de visa de plusieurs pays l'acceptent. Un étudiant qui vise plusieurs pays compare donc les tests acceptés par chacun de ses établissements avant de choisir : un seul examen, bien choisi, évite de payer deux inscriptions.
Le cas des programmes d'échange et des doubles diplômes
Un programme d'échange ou de double diplôme suit les règles de l'établissement d'accueil, pas celles de l'école d'origine. Une école de commerce française peut accepter le TOEIC pour son propre diplôme et laisser son partenaire américain exiger un TOEFL. La recherche de ces conditions se fait dès la première année d'études, pour garder le temps de préparer le bon test.
Quel test choisir pour le professionnel et l'emploi ?
Pour un projet professionnel en France, le TOEIC l'emporte : les recruteurs le connaissent, les fiches de poste le citent et les services de ressources humaines savent lire un score sur 990. Une entreprise qui recrute un acheteur international, un commercial export ou un chargé de clientèle étrangère demande souvent un score TOEIC minimal, parfois dès l'annonce.
Le TOEIC Speaking and Writing complète utilement le test classique pour un candidat dont le poste exige de parler et d'écrire en anglais : animer une réunion, présenter un produit, rédiger un rapport. Ses deux épreuves sont notées chacune de 0 à 200 et montrent à un employeur ce que le seul score de compréhension ne dit pas. Pour travailler l'expression avant ce test, les exercices réguliers décrits dans la page pour améliorer son anglais à l'oral donnent une base de travail concrète.
Le TOEFL a peu de poids dans un recrutement en France. Il garde un intérêt pour un poste dans un laboratoire de recherche, un emploi universitaire ou une carrière qui commence par un master à l'étranger : dans ces cas, le score TOEFL sert d'abord à l'admission, et l'employeur regarde ensuite le diplôme obtenu.
Le compte personnel de formation (CPF) peut financer une préparation au TOEIC et le passage du test, dès lors que l'organisme de formation propose une certification inscrite au répertoire de France Compétences. L'aide se demande en ligne, sur la plateforme Mon Compte Formation, avant le début des cours.
Écoles de commerce, écoles d'ingénieurs et universités en France
Les écoles de commerce et d'ingénieurs françaises s'appuient majoritairement sur le TOEIC pour valider le niveau d'anglais de leurs étudiants. La Commission des titres d'ingénieur exige un niveau B2 certifié par un organisme extérieur pour délivrer le diplôme d'ingénieur, et de nombreuses écoles traduisent ce niveau par un score TOEIC de 785. Un étudiant en programme grande école sait donc tôt quel test l'attend.
Les universités françaises utilisent plus volontiers le CLES ou des tests internes, mais certaines formations de master demandent un score TOEIC ou TOEFL à l'entrée, surtout les parcours enseignés en anglais. La fiche du master, publiée sur le site de l'université, dit quel test elle accepte et à partir de quel niveau.
Avant le bac et juste après, la question se pose rarement : les classes préparatoires évaluent l'anglais par leurs propres épreuves de concours. Les lycéens qui préparent un départ vers une université étrangère après le bac font exception, et se tournent alors vers le TOEFL ou l'IELTS dès la terminale. Pour étudier dans un bachelor anglophone après le bac, le dossier réunit le relevé de notes, une lettre de motivation et le score officiel, transmis directement par ETS à l'institution choisie : une simple attestation papier ne suffit pas.
Les écoles qui recrutent sur classement, à l'entrée d'une prépa intégrée ou d'un programme international, s'en servent aussi pour évaluer l'apprentissage de l'anglais au fil du cursus. Un score TOEIC passé en fin de première année montre la progression, et un second en fin de cursus confirme le niveau du CECRL atteint pour le diplôme.
Les déclinaisons de chaque test, du débutant au chercheur
ETS propose plusieurs versions de chaque test, adaptées à l'âge et au niveau du candidat. Le bon choix ne s'arrête pas au nom du test : il faut aussi viser la bonne version.
- TOEIC Listening and Reading
- La version la plus passée, qui donne le score sur 990 demandé par les entreprises et les écoles.
- TOEIC Speaking and Writing
- Un test séparé qui évalue l'expression orale et écrite en contexte professionnel, noté sur 200 par compétence.
- TOEIC Bridge
- Une version pour les niveaux débutants et intermédiaires, utile pour mesurer une progression avant de viser le test complet.
- TOEFL iBT
- La version académique sur ordinateur, attendue pour une admission à l'université, qui évalue les quatre compétences.
- TOEFL ITP
- Une version institutionnelle qu'un établissement organise pour ses propres étudiants, souvent pour un classement en groupes de niveau ou une sélection interne ; elle ne vaut pas admission dans une autre université.
- TOEFL Junior Standard et TOEFL Primary
- Des tests pour les collégiens et les plus jeunes, qui suivent les progrès d'un enfant en anglais langue étrangère.
Comment se préparer aux tests TOEIC et TOEFL ?
La préparation au TOEIC repose sur la connaissance du format : les sept parties du test reviennent à l'identique d'une session à l'autre, et un candidat qui s'entraîne sur des tests blancs gagne des points simplement en gérant mieux son temps. Le vocabulaire du monde de l'entreprise (facturation, logistique, ressources humaines, voyages d'affaires) se travaille par thème, avec des listes courtes revues chaque jour.
La préparation au TOEFL demande davantage de temps, parce que le test évalue la production. La partie Speaking enregistre la voix du candidat, la partie Writing lui demande un texte argumenté et une contribution à une discussion académique. S'entraîner à résumer un extrait de cours, à prendre des notes en anglais et à structurer une réponse orale en peu de temps fait la différence. Suivre des cours d'anglais en groupe ou en individuel aide à corriger les erreurs qu'un entraînement seul ne repère pas.
Dans les deux cas, un diagnostic de départ évite de perdre des semaines. Un test blanc complet, passé dans les conditions réelles, mesure le niveau d'anglais actuel et l'écart avec le score visé. Le plan de préparation se construit ensuite à partir des sections les plus faibles, pas à partir d'un programme générique. Les ressources officielles d'ETS Global (guides, tests d'entraînement, applications) donnent le format exact, et un centre de formation agréé ajoute l'encadrement. Les témoignages d'anciens étudiants, publiés par les services de relations internationales des universités, donnent aussi une idée du temps qu'il leur a fallu pour s'entraîner et atteindre le score demandé.
Un repère simple pour le calendrier : un candidat qui doit gagner une centaine de points au TOEIC prévoit plusieurs semaines de travail régulier, pas un week-end de révisions. Pour le TOEFL, l'inscription se fait tôt, car les dates de session se remplissent avant les périodes de candidature universitaire.
Limites et pièges de chaque option
Le premier piège du TOEIC Listening and Reading tient à son périmètre : un excellent score ne prouve rien sur la capacité à parler anglais. Un recruteur averti le sait, et un candidat qui affiche 900 points sans savoir tenir une conversation se trouve en difficulté en entretien. Ajouter le TOEIC Speaking and Writing, ou préparer l'oral de son côté, comble ce manque.
Le TOEFL iBT, de son côté, change d'échelle de score en 2026. Les établissements qui publiaient un seuil sur 120 points adaptent leurs exigences à la nouvelle échelle de 1 à 6, alignée sur le Cadre européen commun de référence pour les langues. Un candidat vérifie donc la date de mise à jour de la page d'admission qu'il consulte, et lit le seuil dans l'échelle que l'université utilise réellement.
Troisième piège, commun aux deux tests : la validité. ETS conserve et transmet les résultats pendant deux ans. Un score obtenu en première année de licence ne servira plus pour une candidature en master à l'étranger trois ans plus tard. Le bon moment pour passer le test se calcule donc à rebours, à partir de la date limite de candidature ou de recrutement.
Dernier point, souvent oublié : le choix entre TOEIC et TOEFL ne se fait pas pour toujours. Un étudiant peut passer le TOEIC pour son diplôme français, puis le TOEFL deux ans plus tard pour un master aux États-Unis ; les deux tests n'entrent pas en concurrence dans un même parcours. Pour situer l'anglais dans un projet plus large, la page consacrée à la conquête des États-Unis d'Amérique donne une idée du pays qui attend l'étudiant après son admission.
Validité, CPF, niveau B2 : les réponses avant l'inscription
Le TOEIC est-il plus facile que le TOEFL ?
Le TOEIC n'est pas plus facile au sens strict, mais il évalue moins de compétences dans sa version classique : seulement la compréhension orale et écrite, avec des questions à choix multiple. Le TOEFL iBT ajoute l'expression orale et écrite en anglais académique, ce qui le rend plus long à préparer pour la plupart des candidats francophones.
Un score TOEIC peut-il remplacer un TOEFL pour une université américaine ?
Une université américaine accepte très rarement le TOEIC pour une admission. Le TOEFL iBT, l'IELTS et parfois le Duolingo English Test figurent sur la liste des tests acceptés ; le site d'admission de l'établissement donne la liste exacte et le score minimal.
Quel score TOEIC correspond au niveau B2 ?
ETS fait correspondre un score TOEIC Listening and Reading de 785 au niveau B2 du Cadre européen, seuil que de nombreuses écoles d'ingénieurs retiennent pour valider le diplôme. Chaque école fixe toutefois sa propre règle dans son règlement des études.
Combien de temps un score reste-t-il valable ?
Un score TOEIC comme un score TOEFL reste valable deux ans pour la plupart des établissements et des employeurs. Au-delà, ETS ne transmet plus le résultat officiel et le candidat repasse le test.




