Avec 539 points, le niveau d'anglais des Français se classe 38e sur 123 pays dans l'indice EF EPI 2025. Sur ce sujet, l'information clé tient aux niveaux par compétence : la France lit l'anglais à un niveau CECRL correct mais peine à s'exprimer à l'oral, ce qui freine la maîtrise linguistique au travail.
Le classement EF EPI 2025 : où se situe la France ?
Le niveau d'anglais en France se mesure de deux façons : par une certification individuelle (TOEIC, Cambridge, IELTS) qui situe une personne sur l'échelle CECRL, et par des indices nationaux comme l'EF EPI, qui compare le niveau des pays entre eux. Le classement EF EPI 2025 situe la France à la 38e place mondiale, avec un score de 539 points, pour une moyenne globale de 488 points relevée sur 123 pays et régions. L'édition 2025 repose sur les résultats de 2,2 millions de personnes qui ont passé un test d'anglais en ligne, l'EF SET, proposé par l'organisme EF Education First. Selon la fiche France publiée par EF, le score national progresse de 15 points depuis 2024 : un gain réel, mais qui laisse le pays loin derrière ses voisins européens.
En tête, les Pays-Bas atteignent 624 points, devant la Croatie (617), l'Autriche (616), l'Allemagne (615) et la Norvège (613). La Belgique, neuvième avec 608 points, devance donc nettement la France, alors que les deux pays partagent une grande partie de leur système de formation en langue étrangère. Ce point de vue comparatif compte : à l'échelle européenne, la France reste dans la moitié basse du classement, sous l'Italie et l'Espagne certaines années, au-dessus de pays où l'anglais circule peu dans la vie quotidienne.
Ces résultats se lisent avec une limite de méthode. Les candidats choisissent de passer le test, souvent parce qu'ils cherchent un emploi, préparent un voyage ou veulent évaluer leur progression. L'échantillon n'est donc pas représentatif de toute la population. Les données du rapport, consultables sur la fiche France de l'EF EPI, restent toutefois utiles pour suivre une tendance d'une année sur l'autre et pour comparer les compétences entre elles.
Lecture, écoute, écriture, oral : les quatre scores de la France
Le niveau d'anglais des Français varie fortement d'une compétence à l'autre. La lecture obtient le meilleur résultat, la compréhension orale suit, l'écriture recule et l'expression orale ferme la marche, à 456 points. L'écart dépasse 100 points entre ce qu'un adulte comprend sur une page et ce qu'il parvient à dire face à un interlocuteur.
| Compétence | Score EF EPI 2025 (France) | Lecture du résultat |
|---|---|---|
| Lecture | 555 | compréhension d'un texte écrit solide |
| Écoute | 524 | compréhension orale correcte sur un discours clair |
| Écriture | 500 | rédaction possible, structure encore fragile |
| Expression orale | 456 | la compétence la plus faible |
Ce profil correspond à un apprentissage scolaire centré sur la grammaire et le texte. Un élève français lit beaucoup d'anglais au collège et au lycée, mais il a peu d'occasions de participer activement à une discussion. L'expression orale demande pourtant un entraînement concret : réagir vite, poser une question, saisir une nuance, reformuler une idée. Sans pratique régulière, la capacité à communiquer reste en retrait, même chez une personne qui comprend bien un article de presse. Les exercices pour progresser à l'oral en anglais visent justement ce point faible : prise de parole courte, écoute active, conversation suivie.
Un niveau d'anglais très inégal selon les régions et les villes
Le niveau d'anglais en France dépend beaucoup du territoire. Selon l'EF EPI 2025, l'Île-de-France mène avec 558 points, devant la Bretagne (543), les Pays de la Loire (539) et Provence-Alpes-Côte d'Azur (534). En bas du tableau métropolitain figurent la Nouvelle-Aquitaine (515), la Bourgogne-Franche-Comté (503) et la Corse (489). Les territoires d'outre-mer ferment le classement, de La Réunion (487) à Mayotte (458).
| Ville | Score | Ville | Score |
|---|---|---|---|
| Grenoble | 600 | Toulouse | 563 |
| Rouen | 589 | Nantes | 563 |
| Lille | 586 | Strasbourg | 554 |
| Paris | 583 | Bordeaux | 551 |
| Lyon | 577 | Marseille | 532 |
Les grandes villes universitaires dépassent toutes la moyenne nationale. Grenoble, avec 600 points, rejoint le niveau des pays nordiques : la ville concentre des laboratoires de recherche, des entreprises de haute technologie et une population étudiante internationale où l'anglais sert au travail. Le même phénomène s'observe par métier. Les postes de recherche et développement et de stratégie atteignent 625 points, les enseignants 619, l'informatique 593, tandis que les achats (477) et la maintenance technique (508) restent en dessous. L'environnement professionnel pèse donc plus que la région d'origine : on progresse quand l'anglais a une utilité quotidienne.
Quels sont les niveaux d'anglais CECRL ?
Les niveaux d'anglais du CECRL, le Cadre européen commun de référence pour les langues, vont de A1 à C2. Le Conseil de l'Europe a publié ce cadre en 2001 pour décrire, avec les mêmes mots dans tous les pays, ce qu'un utilisateur est capable de faire dans une langue étrangère. Les six niveaux se regroupent en trois paliers, qui correspondent chacun à un usage de la langue, de la découverte à la maîtrise.
- Utilisateur élémentaire (A1, A2)
- Le niveau A1 correspond aux premiers pas : se présenter, comprendre des expressions familières et des phrases simples, poser une question sur un sujet très concret. Le niveau A2 permet de se débrouiller dans une situation courante de la vie quotidienne, en voyage ou dans un magasin, et de décrire son environnement avec des mots de base.
- Utilisateur indépendant (B1, B2)
- Le niveau B1, appelé niveau seuil, permet de comprendre l'essentiel d'un discours clair et de s'exprimer sur un sujet familier. Le niveau B2 donne une maîtrise suffisante pour suivre une discussion technique dans son domaine et communiquer avec un locuteur natif sans effort excessif de part et d'autre.
- Utilisateur expérimenté (C1, C2)
- Le niveau C1 permet de s'exprimer de façon fluide sur un sujet complexe, dans un cadre professionnel ou académique, avec un discours bien structuré. Le niveau C2 correspond à une maîtrise proche de la langue maternelle : saisir chaque nuance, reformuler avec précision, comprendre sans effort tout type de texte.
Le score EF EPI de la France, 539 points, se situe dans la tranche intermédiaire de l'indice. EF ne publie pas d'équivalence officielle avec le classement CECRL pour un pays entier, et il serait trompeur d'attribuer un niveau B1 ou B2 à toute une population. Les résultats par compétence montrent surtout qu'un même adulte peut lire au niveau B2 et parler au niveau A2.
Quel niveau d'anglais viser pour le travail ou les études ?
Le niveau d'anglais requis pour le travail dépend du poste et de son contexte. Pour un emploi où l'anglais sert à lire des courriels et des documents techniques, un niveau B1 suffit souvent. Pour un poste tourné vers la communication internationale, avec des réunions, des négociations ou une présentation devant des clients, la plupart des entreprises demandent un niveau B2, et un niveau C1 pour un rôle de direction ou de conseil à l'étranger. Le poste le plus exigeant reste celui où l'on rédige un contenu en anglais destiné à des clients : la moindre erreur de sens s'y voit, et la condition d'embauche porte alors sur l'écrit autant que sur l'oral.
Côté études, les programmes du lycée en France fixent un objectif de niveau B2 en langue vivante A et de niveau B1 en langue vivante B à la fin de la terminale. Les universités étrangères exigent en général un niveau B2 ou C1 pour une admission, attesté par un examen reconnu. Un projet de séjour long, d'emploi à l'étranger ou de mobilité étudiante se prépare donc en fixant un niveau cible précis, puis en mesurant l'écart avec son niveau actuel.
- Lire de la documentation technique : B1 au minimum.
- Travailler en équipe avec des interlocuteurs étrangers : B2.
- Rédiger, négocier, animer une réunion : C1.
- Étudier dans une université anglophone : B2 à C1 selon le cursus.
Avant de choisir une formation, la question de l'utilité d'apprendre l'anglais pour sa carrière mérite une réponse honnête : pour un métier sans contact international, le gain de temps vient d'abord de l'anglais professionnel de son secteur, pas d'un niveau général élevé.
Comment évaluer son niveau d'anglais ?
Pour évaluer son niveau d'anglais, le plus simple consiste à passer un test en ligne, puis à confirmer le résultat par une certification si un employeur ou une école la demande. L'EF SET, gratuit, mesure la lecture et la compréhension orale, et situe le résultat sur l'échelle CECRL. Il donne une information rapide, mais il ne mesure ni l'écriture ni l'expression orale.
Une auto-évaluation complète ces outils. La grille du Conseil de l'Europe décrit chaque compétence par des phrases simples du type « je peux comprendre l'essentiel d'une conversation sur un sujet familier ». La lire en se demandant ce que l'on sait vraiment faire, et non ce que l'on a étudié, donne une idée assez juste de son niveau de langue. Un échange de quinze minutes avec un enseignant ou un locuteur natif sert enfin de contrôle : la conversation révèle vite si l'on sait réagir, demander une précision et défendre une idée.
Comment certifier son niveau d'anglais ?
Pour certifier son niveau d'anglais, il faut passer un examen reconnu par les employeurs ou les établissements visés. Chaque certification répond à un besoin différent, et le choix dépend de l'usage prévu.
- TOEIC : le test d'anglais professionnel le plus demandé par les entreprises en France, centré sur la compréhension écrite et orale en contexte de travail.
- Cambridge English (B2 First, C1 Advanced, C2 Proficiency) : des diplômes sans date de validité, chacun lié à un niveau CECRL précis.
- Linguaskill : un test en ligne de Cambridge, adaptatif, qui donne un résultat pour chaque compétence.
- IELTS et TOEFL iBT : les examens exigés par les universités anglophones pour une admission académique.
Le TOEIC et l'IELTS affichent un résultat valable deux ans aux yeux de la plupart des recruteurs et des écoles, tandis que les diplômes Cambridge restent acquis. Pour un candidat qui veut faire reconnaître son niveau sur un CV, la certification doit correspondre au type de poste : le TOEIC pour l'entreprise en France, l'IELTS ou le TOEFL pour une candidature à l'étranger, un diplôme Cambridge pour une attestation durable. En formation professionnelle, Linguaskill gagne du terrain parce qu'il se passe à distance et rend un bilan par compétence.
Comment progresser dans l'apprentissage de l'anglais ?
Progresser dans l'apprentissage de l'anglais passe d'abord par l'oral, la compétence la plus faible des Français selon l'EF EPI 2025. Le bon levier est l'exposition régulière : écouter de l'anglais chaque jour, en podcast, en série ou en vidéos courtes sur Instagram, puis le reproduire à voix haute. Dix minutes quotidiennes valent mieux qu'une séance de deux heures par mois.
Le cadre compte aussi. Suivre des cours d'anglais avec un enseignant apporte une correction que l'on ne trouve pas seul, surtout pour la prononciation et la structure de la phrase. Une immersion, en séjour linguistique ou en échange avec un locuteur natif, accélère la compréhension orale et donne l'habitude de se débrouiller dans une situation réelle. Les résultats de Grenoble ou des métiers de la recherche le confirment : on atteint le niveau visé quand l'anglais devient un outil de travail ou de vie, pas seulement une matière d'examen.
Fixer un niveau cible daté aide à rester motivé. Passer d'un niveau A2 à un niveau B1 demande en général plusieurs centaines d'heures d'apprentissage selon le Cambridge English, et le passage au niveau B2 en demande davantage. Mesurer sa progression tous les trois mois, par un test court, permet de vérifier que les efforts portent sur la bonne compétence.
Niveau d'anglais en France : les questions sur l'EF EPI
Pourquoi la France est-elle derrière ses voisins européens ?
La France est derrière ses voisins européens surtout parce que l'anglais circule peu dans la vie quotidienne. Les films et les séries sont doublés à la télévision, alors qu'aux Pays-Bas ou en Scandinavie la version originale sous-titrée domine. L'enseignement scolaire laisse aussi peu de place à la prise de parole.
Le score EF EPI vaut-il une certification ?
Non, le score EF EPI ne remplace pas une certification. Il mesure le niveau moyen des personnes qui ont passé le test EF SET dans un pays. Pour un dossier d'emploi ou d'admission, seule une certification reconnue, comme le TOEIC, l'IELTS ou un diplôme Cambridge, fait foi.
Le niveau d'anglais des Français progresse-t-il ?
Le niveau d'anglais des Français progresse en 2025 : le score national gagne 15 points par rapport à 2024 selon EF. La hausse reste modeste au regard de l'écart avec le haut du classement, et l'expression orale demeure la compétence à travailler en priorité.




